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jeudi 11 avril 2019

Donnez envie d'apprendre!

J'aime beaucoup les éditions Eyrolles et je trouve souvent leurs livres très bien faits, sans bavardage inutile, avec pas mal d'illustrations et d' encadrés utiles. Moi qui étais réticente à la vague développement personnel, j'avoue avoir été agréablement surprise par les livres qu'ils proposent. Ils vont droit à l'essentiel, et on sort vraiment avec un plus tout en ayant envie, éventuellement d'aller plus loin. 
avis sur Donnez envie d'apprendre par l'équipe Sydo

Dans la série des ouvrages consacrés à la pédagogie et à l'apprentissage, je suis tombée sur ce petit bijou d'humour et de conseils qu'est: Donnez envie d'apprendre, kit de survie du formateur fait par l'équipe Sydo, agence de conseil en pédagogie. 
Dans la première partie, on explique comment marche l'apprentissage. On en profite pour tordre le cou aux idées reçues, et pour expliquer l''importance de la perception, des deux leviers que sont l'attention et la motivation pour l'apprentissage et enfin comment on mémorise. Dans la seconde partie, une boîte à outils est proposée, elle permet d'optimiser la formation. Les auteurs abordent le schéma, l'image, la vidéo, le jeu ( oui!!) et le storytelling, car on adore se raconter des histoires, quel que soit notre âge!Enfin, dans la dernière partie, les profils d'apprentissage sont évoqués, pour pouvoir les repérer et adapter les pratiques en fonction de ces profils d'apprenants.
Avec des citations-clés et des témoignages de formateurs mais aussi d'apprenants, des graphiques simples et pertinents, on se souvient et on retient les éléments clés de ce qui fait la réussite d'un apprentissage. Voici, pour ma part, ce que j'ai retenu de plus  importants. 

Les clés d'un apprentissage optimal: attention, motivation et mémorisation

Pour (mieux ) apprendre, il est nécessaire de solliciter tous les sens et d'impliquer l'élève. Selon le cône d'apprentissage d'Edgar Dale, nous apprenons 90% de ce que nous faisons contre 10% seulement de ce que nous lisons! Tous les pédagogues vous le diront, Montessori en tête. Il faudrait donc que l'apprenant soit actif, et non qu'il reçoive (pas ...) passivement.
Deux leviers essentiels boostent l'apprentissage, l'attention et la motivation. L'attention s'entraîne et s'obtient par une présentation séquencée et bien agencée de sa formation mais aussi par la...passion! Eh oui, on passionne quand on est soi-même passionné. 
La motivation, je savais bien qu'elle était importante, voire cruciale  d'après mon expérience de maman, de prof, et de chercheuse, mais j'ai appris qu'il en existait deux sortes, et que je ne flattais pas forcément la meilleure! La motivation extrinsèque est relative au volet punition (je ne le fais pas!) et récompense (je pensais ainsi motiver mon fils, et lui aussi en réclame).  La motivation intrinsèque est liée à l'individu, à ses besoin et à son plaisir. Or c'est bien cette motivation intrinsèque qui est importante, on peut se l'imaginer quand on se souvient d'un moment de notre apprentissage où on a eu le déclic pour quelque chose. La lecture, la compréhension d'une règle, qui entraîne une sensation de plaisir intense, et qui motive le cerveau davantage. Donc on n'est pas vraiment motivé quand on s'accroche au cadeau ou qu'on a peur de la punition, quand on cherche à être le meilleur ou éviter le pire. La motivation naît d'abord du sentiment d'apprendre quelque chose, qui nous serve dans la vie, pour se sentir concerné. C'est pour cela que nous sommes touchés par ce que dit Gad Elmaleh dans son sketch sur l'utilité des théorèmes de maths pour se sortir d'une situation !! La motivation découle aussi de la confiance en soi et non de la peur de l'échec qui peut inhiber. Enfin, c'est ce qui est le plus difficile à doser, du côté du formateur (et des parents!), il s'agit de savoir accorder de l'autonomie. On va peut-être dans une direction différente pour arriver au même but, c'est destabilisant pour le formateur mais parfois salutaire.
La mémorisation, son fonctionnement et la façon de la faciliter. Là encore, j'ai appris des choses! Je savais déjà - vu une première formation de psychologie  cognitive pour moi- que plusieurs types de mémoires existent, comme la mémoire sensorielle ou celle à court terme ou celle à long terme. Leur durée de stockage et la quantité d'informations varient. J'apprends que la mémoire n'est pas infinie, non, les réseaux neuronaux sont limités et donc l'oubli est bien nécessaire pour apprendre de nouvelles choses! 
Pour faciliter la mémorisation, il existe plusieurs astuces. Il s'agit d'abord de faire des liens parce que la mémoire fonctionne en arborescence. La meilleure manière de la faire est d'utiliser des schémas et  aussi de recourir aux associations d'idées, des sortes de raccourcis. Cela peut être une image, un personnage représentattif pour l'enfant. C'est d'ailleurs pour cela que c'est important pour l'apprentissage de l'alphabet par exemple, j'y reviendrai prochainement. Autre élément important, catégoriser. Bien ranger les informations, c'est permettre de la retrouver facilement!Les grilles, les classements permettent de retenir mieux que si les informations étaient livrées en bloc. Parce que la durée d'une séance est malgré tout limitée, il faudra soigner deux moments clés, le début et la fin puisque la mémoire y est particulièrement réceptive, c'est ce qu'on appelle l'effet de primauté et de récence. C'est pourquoi bien démarrer est important mais clore avec un récapitulatif pertinent est tout aussi crucial. Enfin, on se souvient plus facilement de ce qui a été accentué. Cela peut-être un visuel, un feutre, un geste surprenant qui éveille! Il s'agit de frapper en suscitant l'émotion pour capter. Enfin, répéter, répéter, et encore répéter, la stimulation réitérée du cerveau lui permet d'ancrer la connaissance. 

Quelques outils pour faciliter l'apprentissage

Je ne m'attarderai pas sur les outils car les auteurs ont prévu des liens vers des vidéos, et des conférences montrant en live en quoi tel outil est intéressant et "une image vaut mille mots" comme le disait Confucius. On parle non seulement des outils, mais aussi de l'attitude du formateur, car le "matériel" est utile mais ne suffit pas. Visionner des conférences comme celles de TEDEX le montre bien, les conférenciers auront soigné le contenu en amont avec le recueil de l'information, le tri et l'organisation mais la forme est absolument importante. Cela se travaille, cela s'anticipe (ah les contraintes et les imprévus techniques qui vous gâchent tout)
On y apprend que les schémas ne s'improvisent pas, il y en a plusieurs, et ils se préparent. D'autres points sont évoqués pour l'image, et on y apprend que sa valorisation n'a pas été évidente, Platon, par exemple, la considérant comme allant à l'encontre de la pédagogie!D'autres aspects sont traités, les mindmapp, les logiciels qui cocurrencent powerpoint comme Prezi, les pictogrammes ou les vidéos. Mais aussi le jeu, les défis, qui engagent l'apprenant et pas seulement les enfants! Le storytelling aussi est abordé ainsi que les profils d'apprentissage résumés et présentés en paires opposées: les  analytiques et les synthétiques, ceux qui préfèrent travailler seul ou en groupe, les visuels et les auditifs (quoique! les auteurs disent que rien ne prouve qu'on est SOIT l'un SOIT l'autre, je pense bien qu'il s'agit là d'un "neuromythes").
En conclusion, qu'on soit formateur comme le lectorat désigné par le sous-titre ou élève, parent ou professeur, le livre offre des conseils précis, adossés à des théories scientifiques et des témoignages précieux. J'espère que cet article vous aura été utile, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaire et le partager si vous avez aimé!


Donnez envie d'apprendre !Kit de survie du formateur, Sydo. Paris: Eyrolles, 2015


samedi 9 mars 2019

Mon avis sur le livre Les lois naturelles de l'enfant de Céline Alvarez

Le livre en question avait fait beaucoup de bruits à l'époque et réitérait, à qui ne voulait pas l'entendre,  l'importance des méthodes éducatives alternatives dans les apprentissages. Avec l'argument d'autorité des neurosciences, l'auteure avançait le résultat de son expérience dans une école plutôt populaire, et publique, en parlait de conférence en plateau télé avec beaucoup d'enthousiame. Sur sa chaîne youtube, ou son site d'une voix douce et presque détachée, le filmait et commentait en voix off les différents ateliers, maths, géographie ou langage. 
A l'époque, elle avait déchaîné pas mal de passions, et quelques polémiques. Elle avait présenté, ultime argument vendeur, son expérience comme une sorte d'infiltration dans le milieu de l'éducation nationale. Elle avait inocculé "ses" outils et soumis ses élèves à des tests plutôt concluants et le ministère n'avait pourtant pas reconduit l'expérience. Chez les professeurs des écoles, qui avaient déjà accompli ce type de travail, en jonglant entre les contraintes et les envies d'aller plus loin, l'émotion était intense. Le sentiment d'avoir été ignorés, une amertume mâtinée d'envie. Beaucoup d'experts avaient mis le doigt sur les incohérences et les failles de ce que présentait Céline Alvarez. Beaucoup avaient aussi profité de cela pour désacraliser le mythe Montessori, dont on avait découvert par exemple une correspondance avec Mussolini...Je vous renvoie à ce sujet à cet article très complet sur le site Cairn de Laurence de Clock dont je cite ici l'introduction: 

Phénomène médiatique de l’année, l’expérience menée par Céline Alvarez durant trois ans dans une école primaire d’une banlieue populaire de Paris s’est faite sur la base d’un cocktail inédit de méthode Montessori et de neurosciences. L’enthousiasme suscité par son livre, Les Lois naturelles de l’enfant, tient au caractère spectaculaire des résultats affichés, avec des taux de réussite très élevés, y compris de manière précoce et chez des enfants peu favorisés. Mais, à y regarder de plus près, tout est loin d’être aussi rose. La « méthode », très gourmande en matériel et en encadrement, se révèle intransposable dans un contexte scolaire plus large ; les prétendues « lois naturelles de l’enfant » relèvent d’un salmigondis mêlant sciences cognitives et philosophie new age, mais d’où la pédagogie est à peu près absente ; et, surtout, l’expérience a servi de cheval de Troie aux appétits entrepreneuriaux, qui se nourrissent des échecs de l’école publique pour tenter d’y mener un business au potentiel fort lucratif.
De Cock, L. (2017). Céline Alvarez, le business pédagogique: Enquête sur un bestseller controversé. Revue du Crieur, 6(1), 102-115.
 
les lois naturelles de l'enfant céline alvarez audiolib
Mais aujourd'hui, je souhaite vous parler de ce livre, de ce que cela m'a appris, toutes proportions gardées. Je l'avais lu, il est vrai, une première fois, d'une traite et j'en avais été très gênée. Ce n'est qu'une seconde lecture, ou plutôt écoute, dans une version audiolib lue par Céline Alvarez elle-même qui m'a permis d'entrer un peu mieux dans son univers. 
Ce que je l'ai pas aimé d'abord était cette impression que l'auteure évoquait très peu, presque pas, les scientifiques à qui elle doit le matériel utilisé. J'avais franchement l'impression de lire l'avis d'une usurpatrice, disons-le. J'ai bien dû croiser le nom de Montessori mais rarement, peut-être en préface.L'ouvrage progresse par paliers, les différentes compétences que l'enfant peut acquérir grâce à un matériel à sa disposition, grâce surtout à l'interaction avec ses pairs et à l'attitude un peu en retrait de l'enseignant. Pourtant ces étapes correspondent très exactement aux différents domaines d'apprentissage selon la méthode Montessori. Très précisément utilisée, mais très peu évoquée, du coup. Il m'a semblé que cette forme de silence, d'omission était voulue, et cela m'a beaucoup gênée. 
Je comprends les réactions des enseignants et lecteurs qui avaient l'impression que quelqu'un avait enfoncé des portes ouvertes. 
Un deuxième aspect m'a beaucoup gênée, c'était le recours quasiment systématique aux neurosciences, et aux résultats des différents tests, pour prouver la validité de son expérience. Il est vrai toutefois que c'était l'objectif, démontrer en quoi cette expérience était exceptionnelle, même si elle n'en était pas novatrice, quoi qu'on en dise. Ce côté un peu docte, démonstratif, m'a également beaucoup gênée dans ma lecture, et j'aurais été convaincue avec moins d'arguments et de chiffres, plus de subtilité, d'empathie. Le titre est explicite, il s'agit bien d'éléments évidents et indiscutables, et on n'est pas mieux, dans sa posture que les dirigeants ou les décideurs, du coup...Car il ne s'agit pas de faire des enfants des singes savants, et obéissants. Les émotions, pourtant au coeur des apprentissages, étaient un peu reléguées au fond.
Qu'en penser alors? Dire que le livre est décevant serait exagéré. Il a eu le mérite de jeter un pavé dans la mare. Après tout, cela prouve que ces pédagogies alternatives ne sont pas réservées aux IEF, aux écoles privées. Cela prouve car les résultats des tests sont là pour le démontrer, et on ne peut nier leur intérêt dans ce type de proposition. 
Je retiens pour ma part à quel point le retrait de l'enseignant et son attitude qui laisse la part belle aux besoins de l'enfant peut être à la fois difficile et important. Je ne sais pas si j'aurais été capable de faire cela, pour ma part, en tant que parente ou qu'enseignante. Je note aussi à quel point l'interaction avec les enfants plus âgés est précieuse et si elle est impossible dans un système traditionnel, elle est cruciale dans une fratrie ou au moins un groupe. Les projets communs, l'expérience d'un enfant pus âgé sont vraiment essentiels. Je le vois et je l'apprends tous les jours quand je vois comme ma cadette apprend vite grâce à son frère aîné! Je me souviens aussi du "chantage" quasiment fait à des parents dont l'enfant se gavait d'écrans avant de venir et après l'école. En quelques semaines, l'enfant qui avait d'énormes troubles d'attention...était entré en lecture! Les vidéos sont un complément essentiel au livre, on y montre les gestes et la posture de l'adulte, la façon dont le matériel peut-être présenté.
En résumé, je dirais que la lecture est vraiment instructive pour celui qui n'a pratiquement jamais entendu parler des méthodes alternatives. 


mercredi 31 août 2016

Mes 5 indispensables pour l'allaitement




              Un des meilleurs atouts de l’allaitement est sans doute le peu de matériel que cela nécessite. Cela met sans doute du temps à s’installer mais une fois fait, c’est plutôt facile à vivre. Néanmoins certaines choses le facilitent beaucoup selon moi, et à y penser, je ne les avais pas la première fois pour mon premier bébé, où j’avais raté mon allaitement. Je vous en parlais ici.Si je devais n’en garder que 5, les voici.

                       1.      Eau en spray

Mes deux bébés sont nés en été, et les premiers mois se sont passés en pleine canicule. Les deux sont nés par césarienne, alors autant dire que se lever, se déplacer, dormir etc. Chaque geste était difficile.Le spray d’eau minérale dans la clinique comme à la maison m’a largement facilité la vie, pour se rafraîchir, ou pour le nettoyage avant la tétée au début, l’eau étant stérilisée. J’avais pris le grand spray Avène pour environ 20d , mieux que son petit frère à 16 d qui ne contenait que la moitié. Il est certes plus facile à emporter, mais je l’utilisais à la maison. Un must !
Coût 20 d
eau en spray

2.      Coussin d’allaitement

Pour les premiers jours, surtout avec la césarienne, le coussin vous sauvera le dos. Moins de douleurs quand on bouge, bébé plus facile à placer, avec les différentes positions notamment le ballon de rugby. Il peut aussi s’utiliser pour la sieste du bébé, cela lui évite de bouger et vous de le voir se réveiller dès qu’on le pose s’il s’est endormi au sein, ce que la plupart des bébés font. Ouh les farceurs !!! J’ai trouvé le mien dans un vide grenier, je sais que vous pouvez en commander chez Igloo ( dans les 70 d)et que le dépôt vente Babytroc en propose pour tous les budgets ( de 15 à 80d )
Coût 2 d pour moi hi hi
coussin d allaitement

3.      Tablier d’allaitement

Si vous ne comptez pas vous enterrer chez vous et qu’allaiter en public vous gêne (un peu) alors le tablier d’allaitement est ce qu’il vous faut. Léger et idéal pour allaiter, facile à transporter, car il se plie et se glisse très facilement dans un sac. Je le trouve pratique parce qu’on n’est pas spécialement obligée d’avoir des vêtements spécialement adaptés, peu importe les contorsions au balcon, cela reste discret. J’ai simplement commandé le mien chez Igloo, il m a été livré chez moi le lendemain.
Coût environ 28 d
tablier d allaitement Tunisie igloo

4.      Crème à la lanoline

L’un des meilleurs trucs pris à la pharmacie en prévision des dégâts. Heureusement que je n’ai pas attendu d’avoir mal pour en acheter car on souffre beaucoup si on traîne à traiter la douleur des crevasses. Naturelle, avec miel et lanoline, inoffensive pour le bébé, elle est très efficace et même ma gynécologue me l’a recommandée, non seulement pour les crevasses mais aussi pour ma cicatrice de césarienne
 Coûte environ 12 d

5.      Tire-lait

Il m’a été offert par une parente lors de mon premier accouchement. Le mien est aussi celui qu’utilisent mes amies, le AVENT manuel. Je n’en connais pas le prix mais il est disponible en pharmacie et fonctionne plutôt bien. Ce n’est pas le cas des autres marques disponibles sur le marché tunisien alors attention à ne pas jeter l(argent par la fenêtre surtout que c’est un énorme investissement…Indispensable pour moi quand on tient à garder l’allaitement alors qu’on reprend le boulot, pour les réserves ou pour désengorger.
 Et vous, quel serait votre indispensable allaitement ?

lundi 29 août 2016

5 conseils précieux pour réussir son allaitement (ou pourquoi ça a mieux marché la deuxième fois)




Si je devais résumer mes deux expériences de maternité et d’allaitement, je dirais que moins j’y m’y étais préparée, plus ça marchait. Il est paradoxal que ce soit précisément  la fois où je n’avais jamais lu aucun livre, ni consulté aucun forum, pas plus que je n’ai écumé les boutiques avant le huitième mois bien entamé que les choses se sont plutôt bien déroulées. Jusqu’à aujourd’hui, soit plus de deux mois après la naissance, je touche du bois ! Je m’en étonne moi-même, la princesse semble si peu goulue et si facile à vivre qu’il a bien fallu trois visites à la pédiatre pour me rassurer quand au fait que je ne me mettais pas sa vie en danger en faisant de l’allaitement exclusif. Alors qu’est-ce qui a pu se passer ? J’ai décidé d’évoquer à la fois ce qui a contribué à l’échec de mon  premier allaitement et ce qui a facilité le deuxième dans cet article.

1.      Savoir à quoi s’attendre sans se noyer sans l’information

Allaiter est sans doute ce qu’il y a de meilleur pour votre enfant, pour votre relation mère-enfant et…votre porte-monnaie ! On ne le dira jamais assez, le lait de la maman ne saurait être concurrencé par aucun lait artificiel, précisément parce qu’il est prévu pour CET enfant. Alors si vous êtes convaincue de tous ses bienfaits, il faudrait avoir en tête quelques règles ou contraintes. Tout n’est pas rose, c’est naturel mais ça met quelque temps à s’installer. On peut avoir quelques difficultés, fort heureusement surmontables en général . Et moi qui vous en parle, j’ai vécu deux césariennes qui ne rendent pas cette expérience facile. Il est cependant inutile de chercher partout des récits d’expérience ou des conseils partout, chaque cas étant unique. Je me souviens avoir fait commander 6 boîtes d’une sorte de petites choses à grignoter ou à diluer, qui n(avait servi à strictement rien… Tout ça parce que je l’avais lu quelque part sur un forum. Il était d’ailleurs à la mode, il y a de cela huit ans, de siffler la bouteille de Motilium pour soit disant exploser sa lactation…Dans tous les cas, si vous cherchez des informations fiables, autant les trouver là où elles le sont, soit sur les sites des conseillères en lactation ou la leache leage. Vous y trouverez notamment des topos sur les positions pour allaiter et les réponses à vos questions.

2.      Avoir un entourage médical bienveillant

J’ai accouché dans exactement la même clinique que la première fois et j’avais même très peur la deuxième fois parce qu’un scandale avait éclaté sur, il semble, la négligence et une faute médicale grave sur le cas d’un enfant qui avait été circoncis. Mais je n’avais pas trop le choix puisque ma gynécologue ne travaillait que là bas, et j’avais confiance en elle, seulement elle. Autant dire que je fus très agréablement surprise, au point de ne pas demander que quelqu’un passe la nuit en accompagnement avec moi ; Les visites des infirmières, des nurses et des différents médecins (gynéco, pédiatre) étaient très fréquentes pour voir si tout allait bien. Chose importante, on m’a encouragée à allaiter, avec quelques recommandations pour la position, et gentiment poussée à refuser les sirènes des biberons de lait ou d’eau glucosée (j’ai failli craquer…). Lors de mon premier accouchement, on m’avait presque poussée à ne pas allaiter !!!Il a fallu que je réclame qu’on ne lui mette pas de biberon comme si cela était évident qu’ils le feraient ! Au moindre pleurs, on me faisait comprendre que mon fils avait faim (entendez  je ne le nourrissais pas assez) et que mon lait ne suffisait pas, et qu’un biberon de complément ou même d’eau glucosée serait indispensable. Même discours chez la satanée pédiatre qu’on m’avait recommandée et qui m’avait presque dit que mon fils était dénutri , il était donc urgent que je passe en mixte…Alors oui, il navait pas pris assez de poids mais c’était normal, le bébé en perd 10% et reprend peu en deux semaines !!! Mais ça, c’était le discours de la deuxième pédiatre pour mon deuxième bébé. En résumé, mieux vaut savoir choisir l’équipe médicale car on est très fragile et réceptive, sans oublier que malheureusement ils sont sujets aux lobbying des laboratoires quant aux laits artificiels… Il faut aussi savoir que généralement le passage à l’allaitement mixte est le début de la fin de l’allaitement tout court. J’avais bien résisté 4 mois en tout pour mon premier mais la lactation a fini par baisser et le bébé a fini par ne plus vouloir quitter le biberon, beaucoup plus facile évidemment…

3.      Suivre son intuition

On peut choisir l’entourage médical mais hélas pas l’entourage immédiat hhhh ! Bien intentionné, il peut tout de même vous foirer facilement votre allaitement avec des conseils contradictoires ou des commentaires fragilisants. Vous allez avoir droit à la totale sur l’alimentation à suivre, allant des grillages soupes légumes aux litres d’eau que vous allez ingurgiter en passant par les régimes farfelus comme la razzia de pâtes et couscous ainsi que le zrir.  Votre lait sera inexistant pas assez nourrissant ou trop léger. La liste des aliments à proscrire varie du simple au double. Il suffit de penser que partout dans le monde, les bébés sont allaités sans que les mamans ne suivent un régime précis, qu’elles peuvent même être presque dénutries. Que vous n’allez nul besoin de vous goinfrer de féculents ni de vous saouler à l’eau, mangez ce que vous aimez, variez simplement pour que votre lait soit savoureux J Si vous le souhaitez, vous pouvez préparer quelques tisanes alliant grains de fenouil, anis et badiane. J’aime la saveur anisée mais ne saurait supporter le goût du laurier ou du fenugrec, réputés galactogènes…

4.      Prévoir les solutions aux petits pépins

Il y en aura quelques uns, autant le savoir ! Par exemple, je ne savais pas qu’allaiter avec la césarienne serait aussi difficile la première fois. Même prendre et mettre un coussin me faisait mal… C’est pourquoi le coussin d’allaitement était une véritable aubaine, le prendre en main est facile et ça ne fait pas mal, vous n’avez pas besoin que quelqu’un vous le mette correctement (et en général la personne vous fait mal), et en plus le bébé peut dormir dedans, il est bien emmitouflé et ne bougera pas. Pour les éventuelles crevasses, prévoyez sans attendre d’avoir mal une bonne crème à la lanoline inoffensive pour le bébé et des bouts de sein pour éviter les douleurs. Ma gynécologue m’avait félicitée d’avoir pris la crème à la lanoline, puisqu’elle aidait aussi à la cicatrisation pour la césarienne. Sachez aussi qu’un peu de lait maternel aide à soigner les crevasses. Alors que c’était la souffrance totale la première fois, lors de la deuxième cela n’a pas duré plus que deux jours avant de disparaître.

5.      Vivre normalement

C’est le plus difficile mais le meilleur plan. Allaiter n’implique pas forcément d’être esclave de son enfant. Pour le deuxième, il fallait absolument que je puisse sortir AVEC ou SANS lui. AVEC , cela implique de le nourrir en public. Je ne peux pas me résoudre à le faire, même si on ne fait pas de remarque et Dieu sait que certains oseraient le faire. Sans doute une question de discrétion et de rapport personnel au corps. C’est pourquoi j’étais très contente de découvrir le tablier d’allaitement, je vous en reparlerai. Léger, joli et discret, facile à transporter, je le plie dans le sac, il permet au bébé de voir votre visage ou vous le sien. SANS bébé, cela implique que vous lui laissiez de quoi se nourrir et comme les seins ne sont pas amovibles J un bon tire-lait peut vous  faciliter la vie, une fois que la lactation sera installée soit après 6/7 semaines. On en reparlera aussi. Tout compte fait, il était beaucoup plus compliqué pour moi de sortir avec ou sans bébé 1 qui était en mixte car il fallait prévoir : biberons, eau chaude, doseur, bavoir etc. Avec un bébé allaité, je ne prends qu’un petit sac avec le tablier, lingettes et ½ couches, et peut-être un lange.

C’est tellement simple que j’ai pris la décision de continuer. Mon travail devrait le permettre, puisque je dois m’acquitter d’une douzaine d’heures hebdomadaires, on verra ce que deviendra cette aventure au fil du blog ensemble !




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